Un recueil pour l’été?

Florian Leaune a pour projet de publier à l’été 2026 un recueil de 25 fables, modernes et adaptées aux enjeux du XXIème siècle, comme la cause animale et la question environnementale, et qui verront dialoguer animaux et Hommes. De quoi réaliser ce que nos amis les bêtes nous diraient si elles avaient la parole…

Vous trouverez deux exemples de fables ci-dessous:

Le singe et l’homme

Un homme à la démarche sûre, fier costume et fines chaussures, s'approcha d'un singe, qui était assis, pattes croisées, affairé à paresser, du moins en apparence. Sûr de son intelligence, l'homme toisa l'animal, un instant, de sa hauteur, puis se dit à la bonne heure, je m'en vais instruire cet être bestial. Ni une ni deux, il se plaça face au primate, puis déclara, prétentieux, tel Goliath : « Mon cher, sans doute l'ignorez-vous, car à nous confronter, moi et vous, cela semble tout à fait saugrenu, mais à la vérité nue, scrupuleusement certifiée et rigoureusement prouvée, nous sommes cousins, car nous avons des ancêtres communs. » Le singe, qui était un érudit, leva les yeux vers l'impudent et répondit : « En l'espèce, Monsieur, je ne puis rétorquer mieux, qu'en vous lançant, sans plaisanter, que même si nos gènes nous confèrent quelque parenté, que nenni, nous ne sommes point de la même famille ! Les miens, lion, coccinelle, poulpe ou pingouin, ne détruisent pas le monde, ils le chérissent et sachez-le, vous qui creusez nos tombes, ils vous maudissent ! » Ces âpres mots prononcés, le sage simien laissa le grand homme embarrassé, et s'en alla un peu plus loin, méditer à nouveau, l'air de rien.

La mante et l’amante

Une amante, lovée dans des draps, encore soupirante, sentit soudainement une bestiole cheminer sur ses guibolles. Il s'agissait d'une mante, qui à sa taille imposante, ne pouvait être que femelle. Celle-ci progressa à dessein, jusque sur son sein, puis demanda à l'ingénue, depuis ce haut talus, si elle n'allait pas faire honneur au dîner qui roupillait à ses côtés. Elle serait alors grasse à point et ne manquerait de rien lorsque sa marmaille poindrait enfin. L'amante rit à ce qui n'était guère une plaisanterie, avant d'assurer à l'animal qu'elle se dispenserait d'un tel régal, car demain, elle et son commun, répondraient à l'unisson aux besoins de leur rejeton. La mante s'esclaffa à son tour, rétorquant sans détour que l'usage le meilleur, que l'on pouvait faire d'un géniteur n'était autre qu'un bon quatre heure. L'amante, une fois la mante évanouie, réfléchit un bout de la nuit, puis en arriva à la conclusion que la bête avait raison et que le mieux qu'elle pourrait tirer, de ce gars un peu taré, était quelques bons repas. D'un bon couteau, elle frappa donc, puis coupa sec, faux-filets, jarrets, gîtes et biftecks, avant de passer en cuisine, d'ajouter sel, poivre et herbes fines, puis de faire bonne chère, bien sûre que la mante était loin d'être démente.